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Mounette Radot

Zoom sur une artiste : Mounette Radot

Mounette Radot"Pour moi, la peinture ne peut-être que l’embellissement de la réalité"

Mounette Radot fête ses quatre-vingts ans cette année, elle revient sur une vie d’aventures et de défis, une vie d’artiste.

A seulement 80 ans, l’artiste peintre Mounette Radot a déjà vécu de nombreuses vies.
Elle est née à la frontière chinoise, bien au Nord du Tonquin. Elle a grandi pendant les débuts de la seconde guerre sino-japonaise. Son père, d’origine suisse était attaché militaire pour la France. Il avait rencontré sa mère, arabe, en Algérie pendant la première guerre mondiale. «J’ai vécu vraiment comme les annamites. J’ai mis des chaussures la première fois quand je suis venue en France. Je ne parlais pas le français» raconte-t-elle. Elle rentre en France en 1938 en Normandie. Là où un nouveau conflit se prépare. Dès les premiers bombardements, elle est mise à l’abri en Suisse avec sa sœur et sa mère. Elle est placée en pension chez les bonnes sœurs, en Suisse, puis en France. «A quinze ans, je suis partie de la pension. Je suis allée en Amérique où je suis devenue mannequin» se souvient-elle.

le rêve américain

«A New-York, j’ai rencontré un photographe qui est devenu mon mari. Et je suis tombée enceinte de ma fille» explique-t-elle.
Le premier voyage, elle le fait en bateau. «Une fois j’ai fait un voyage en avion. Il y avait des couchettes, c’était le grand luxe. Nous faisions quatre escales : Ecosse, Islande, Groenland, Canada. 24 heures de voyage pour aller à New-York» se rappelle Mounette. Elle poursuit : «les aéroports étaient comme des refuges. Il y avait des dortoirs pour les hommes et des dortoirs pour les femmes. Si le temps était mauvais on ne pouvait pas décoller. On ne volait que par beau temps. C’était vraiment aléatoire.»
Elle exerce le métier de mannequin coiffure jusqu’à l’âge de 28 ans. «J’étais très photogénique. J’aurais rencontré un metteur en scène, je serais devenue actrice mais j’ai rencontré un photographe» dit-elle.
De ce photographe américain, elle divorce rapidement, un an après. «J’ai fait la connerie de me remarier six mois plus tard car j’ai mis longtemps à divorcer la deuxième fois» souligne-t-elle. Son second mari, un publiciste français, refuse en effet la séparation.

la révolution sexuelle

«Ensuite, je suis restée célibataire vingt ans. J’avais compris !» s’exclame-t-elle. «Le jour où je me suis séparée de mon deuxième mari, je me suis dit : il paraît que les femmes ne peuvent pas faire ce que font les hommes alors je vais faire aussi bien qu’eux. Je suis devenue pilote de course, d’avion, j’ai sauté en parachute» raconte-t-elle.
C’est dans l’air du temps. Nous sommes alors dans les années soixante.
Elle quitte le métier de mannequin car de pernicieuses rides apparaissent au coin de ses yeux et comme Mounette le fait remarquer : «il n’y avait pas Photoshop à l’époque.»
Elle adopte deux fils. «Leurs parents étaient des amis qui sont morts dans un accident de voiture et comme ils n’avaient pas de famille, j’ai adopté les deux garçons» explique-t-elle.
Elle monte alors un restaurant à la montagne Sainte-Geneviève à Paris qu’elle tient pendant dix ans.
La colère gronde dans les rues de la capitale, la révolution sexuelle est en marche, mai 68 agite les esprits. «Dans la rue de mon restaurant se réunissaient toutes les ambulances. Pendant un mois nous avons fermé, puis ça s’est tassé» commente-t-elle.
C’est là qu’elle rencontre son futur mari. Elle vend son restaurant et quitte la France pour le Tchad puis le Cameroun. «Il était spécialiste dans les maladies du coton» indique-t-elle. C’est avec lui qu’elle décide ensuite de venir vivre à Saint-Martin

saint-martin

«Nous voyagions beaucoup. Des amis nous ont dit que nous devrions aller voir Saint-Barthélemy. Ça ne nous a pas plu mais par contre nous avons eu un coup de cœur pour Saint-Martin» affirme-t-elle. Nous sommes en 1975. «A l’époque c’était la vie en France, il y a 200 ans. Les routes n’étaient pas bitumées. Il n’y avait pas l’eau courante. Il n’y avait pas d’électricité les trois-quarts du temps» raconte-t-elle.
Ils reviennent en vacances ensuite tous les ans pour deux mois.
C’est en 1978 qu’ils s’installent définitivement. «J’étais amie avec Minguet et sa femme nous avait trouvé une maison à Grand-Case où au début nous avons couché par terre car on ne pouvait pas acheter de meubles sur l’île» se souvient-elle.
Complètement autodidacte, c’est ici qu’elle se met à la peinture. «Ma façon de peindre est vraiment très naïve. Pour moi, la peinture ne peut-être que l’embellissement de la réalité. Je ne me vois pas m’exprimer autrement. Il y a toujours beaucoup de couleurs. J’aime peindre les gens, les scènes de vie. Mes tableaux racontent toujours des histoires» explique-t-elle.
Un jour l’artiste Romare Bearden, marié avec une Saint-Martinoise, voit sa peinture et lui propose d’exposer dans la galerie de sa femme au «Poisson d’or» (à l’emplacement de Sarafina).
Avec son mari, Mounette construit une maison, là où se trouve maintenant «La Sucrière» à Simpson Bay. «Il n’y avait que notre maison entre l’aéroport et la descente de Philipsburg» indique Mounette. Elle y installe un atelier et une galerie d’art.
Lorsque son mari décède en 2001, elle vend sa maison et s’installe dans celle où elle vit actuellement sur la plage de Simpson Bay. «Mes deux fils adoptifs m’ont fait onze petits-enfants et ces onze petits-enfants m’ont fait neuf arrière-petits-enfants. J’ai fait une seule fille et j’arrive à avoir vingt et un descendants !» s’amuse-telle.
«Je fête mes quatre-vingts ans à Saint-Martin, dans un endroit idyllique que j’ai choisi. Pour moi c’est le paradis» conclut-elle.


Un article écrit par Lannig Stervinou - Quotidien Le Pélican.

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